Voltaire - Micromégas
Résumé du livre:
Micromégas est un
géant de trente-deux kilomètres de haut, jeune savant
parlant mille langues, vivant quelques millions d’années et
habitant une gigantesque planète de l’étoile nommée
Sirius. A la suite de travaux scientifiques contestés par les
fanatiques du clergé de sa planète, il est contraint à
l’exil. C’est alors qu’il voyage dans l’univers en espérant
découvrir un monde meilleur. À son arrivée sur
Saturne, le géant sirien se moque d’abord de la petite
taille des habitants, qui ne mesurent que deux kilomètres de
haut. Il perd néanmoins ce sentiment de supériorité
en s’apercevant « qu’un être pensant peut fort bien
n’être pas ridicule pour n’avoir que six mille pieds de
haut » et se lie d’amitié avec le secrétaire de
l’Académie des Sciences, un « nain » de 2
kilomètres de haut, désabusé par les femmes et
la bêtise de son propre monde, qui lui servira de Candide.
Inférieur en tout à Micromégas mais bon
compagnon de voyage et très motivé pour suivre ce
dernier dans sa quête initiatique. Ensemble les deux compagnons
visitent Jupiter, Mars. Dans la banlieue de Saturne ils échouent
malencontreusement sur la Terre. Au départ, ils croient tous
deux que cette planète est inhabitée puisqu'étant
donné la différence de taille entre les humains et nos
deux voyageurs, ils ne pouvaient se douter que la Terre était
peuplée! Mais après que Micromégas eût
cassé le fil de son collier, il se rend compte en ramassant
les diamants que ceux ci font office de loupe; ainsi le Saturnien et
Micromégas découvrent l'espèce humaine. Arrivés
en plein océan arctique, ils rencontrent un navire qui revient
d’une exploration du cercle polaire. Saisissant le bateau dans sa
main, Micromégas entreprend de communiquer avec les savants du
bord, qui apparaissent comme autant d’insectes conscients. S’ils
parlent fort bien de sciences ou de métaphysique, ces microbes
hélas, sont plus inquiétants lorsqu’ils causent de
massacres et d’un soit disant pouvoir infini qu’un dieu leur
octroya un jour. Effrayés et déçus par ces
petits hommes grotesques et imbus d’eux-mêmes, les deux
géants reprennent leur route interstellaire. Plus tard, ils
envoient à la Terre un livre, mais il est tout blanc. Ce livre
tout blanc leur servirait a ecrire leur histoire,car c'est aux hommes
de l'ecrire et non a un soi disant dieu disposant de pouvoirs infinis
!
(Source: Wikipédia)
I. Biographie de François-Marie Arouet dit VOLTAIRE (1694-1778)
De son vrai nom
François-Marie Arouet, Voltaire est né à Paris,
dans un milieu bourgeois et aisé ; il perd sa mère à
l’âge de sept ans. Il étudie au collège des
Jésuites Louis Legrand. Sortant du collège, il adopte
la philosophie épicurienne, fondée sur l’apologie du
plaisir et l’idée que la nature est bonne.
Ses écrits satiriques sur le Régent en 1716 lui valent d’être exilé. Il récidive et est enfermé pour onze mois à la Bastille. Libéré, il prend un nouveau nom,
Voltaire mais reste suspect pour le pouvoir. Il est reçu à la Cour, mais une lettre de cachet l’envoie à la Bastille. Il s’exile en Angleterre où il découvre un régime de liberté. En 1734, ses Lettres philosophiques sont condamnées au feu et lui à la Bastille. Il se réfugie en Lorraine, chez Madame de Châtelet.
Puis il séjourne à Paris, publie la satire Le Mondain, qui fait scandale ; Voltaire s’exile en Hollande. Les premiers chapitres du Siècle de Louis XIV, publiés clandestinement, sont saisis. En 1744, il est rappelé à Paris, protégé par Madame de Pompadour. Il devient historiographe du roi de France et est élu à l’Académie Française en 1746. Mais il est disgracié par Louis XV qui ne l’apprécie pas ; Voltaire se réfugie chez la duchesse du Maine qui transpose dans Zadig ses mésaventures de courtisan. A Berlin, chez Frédéric II (où il constate que le despotisme éclairé est possible), il écrit Migromégas (1752). En 1753 il quitte précipitamment Berlin (il est disgracié ; son départ a lieu après un épisode humiliant : il est retenu prisonnier du 1er mai au 6 juillet et doit rendre les papiers du roi qu’il avait emportés). Indésirable en France, il doit chercher un asile. Possédant beaucoup d’argent, Voltaire s’installe à Genève : il écrit le Poème sur le désastre de Lisbonne et Candide en 1759.
De 1760 à 1778, Voltaire vit à Ferney, sur la frontière franco-suisse ; il correspond avec d’Alembert, Frédéric II et Diderot. En 1763, il écrit le Traité sur la tolérance (à propos de l’Affaire Calas). En 1778, il fait un retour triomphal à Paris.
En 1792, ses cendres sont transférées au Panthéon.
(Source: http://www.bacfrancais.com/)
II. Micromégas : Historique
Micromégas, à
la différence d'autres contes de Voltaire, pose un problème
important de datation et, au-delà, un problème de
genèse.
Après avoir longtemps cru que le conte avait été composé entre Zadig et Candide, la critique admet maintenant que le texte a dû être écrit vers 1738-1739 (ce qui en ferait, comme l’a remarqué R. Pomeau, le premier conte de Voltaire), et probablement remanié vers 1750, juste avant sa publication, en 1751 puis en 1752.
Différents arguments semblent en effet imposer cette conception :
* La plupart des événements auxquels Micromégas et son compagnon se trouvent confrontés sur la Terre forment l'actualité des années 1736-1739 (expédition de Maupertuis, guerre russo-turque, etc.), alors que les allusions à l'actualité du début des années 1750 sont assez rares (par exemple l'allusion à la querelle des bouffons à la fin du premier chapitre).
* Les idées développées par Voltaire dans le conte correspondent bien à l'enthousiasme pour les sciences qui l'animait à Cirey et à la conviction qu'il exprimait en 1738 dans les Éléments de la philosophie de Newton : « L'homme n'est pas fait pour connaître la nature intime des choses ; il peut seulement calculer, mesurer, peser et expérimenter ».
* Lorsqu'il écrit le 5 juin 1752 au rédacteur de la « Bibliothèque impartiale », Voltaire qualifie le conte, qui vient d'être imprimé à Londres, d'« ancienne plaisanterie ».
* Enfin et surtout, les critiques se sont plu à trouver deux sources possibles au conte :
o Certains pensent que l'idée générale, sinon le détail de l'oeuvre, a dû apparaître lors d'un de ces divertissements que Voltaire offrait le soir à ses hôtes de Cirey fin 1738-début 1739 ; utilisant des marionnettes ou une lanterne magique, le philosophe improvisait des contes satiriques qui divertissaient beaucoup son auditoire. Le pot-pourri fantaisiste d'allusions à l'actualité de cette époque, la nature schématique des personnages et jusqu'à la structure même de la narration permettent en effet d'aller dans ce sens.
o Beaucoup admettent que le récit a connu un premier état, aujourd'hui perdu, sous la forme d'une fantaisie philosophique destinée à un correspondant privilégié, le prince Frédéric de Prusse ; cette hypothèse se fonde sur un échange de correspondance de 1739 dont voici les fragments les plus significatifs :
On saisit, bien sûr, combien ces propos invitent à voir, dans ce texte dont il ne reste aucune trace, l'ébauche du conte que nous possédons ; il n'est pas difficile d'expliquer la disparition des louanges adressées à Frédéric quand on connaît le tour pris ultérieurement par les relations entre les deux hommes ; pour le reste, tout concorde, fantaisie interstellaire, personnalité du protagoniste et visée philosophique...
(Source: http://lettres.ac-rouen.fr/)
III. Principales thématiques de Micromégas
* La relativité:
Après plusieurs questions de cette nature, il s'informa combien de substances essentiellement différentes on comptait dans Saturne. Il apprit qu'on n'en comptait qu'une trentaine, comme Dieu, l'espace, la matière, les êtres étendus qui sentent, les êtres étendus qui sentent et qui pensent, les êtres pensants qui n'ont point d'étendue; ceux qui se pénètrent, ceux qui ne se pénètrent pas, et le reste. Le Sirien, chez qui on en comptait trois cents et qui en avait découvert trois mille autres dans ses voyages, étonna prodigieusement le philosophe de Saturne.
* La lutte contre l'anthropocentrisme:
Mais il y avait là, par malheur, un petit animalcule en bonnet carré qui coupa la parole à tous les animalcules philosophes ; il dit qu'il savait tout le secret, que cela se trouvait dans la Somme de Saint Thomas ; il regarda de haut en bas les deux habitants célestes ; il leur soutint que leurs personnes, leurs mondes, leurs soleils, leurs étoiles, tout était fait uniquement pour l'homme. A ce discours, nos deux voyageurs se laissèrent aller l'un sur l'autre en étouffant de ce rire inextinguible qui, selon Homère. est le partage des dieux...
* La science:
Après que Son Excellence se fut couchée, et que le secrétaire se fut approché de son visage : « Il faut avouer, dit Micromégas, que la nature est bien variée. – Oui, dit le Saturnien; la nature est comme un parterre dont les fleurs... – Ah ! dit l'autre, laissez là votre parterre. – Elle est, reprit le secrétaire, comme une assemblée de blondes et de brunes, dont les parures... – Eh ! qu'ai-je à faire de vos brunes ? dit l'autre . – Elle est donc comme une galerie de peintures dont les traits... – Eh non ! dit le voyageur; encore une fois la nature est comme la nature. Pourquoi lui chercher des comparaisons ? – Pour vous plaire, répondit le secrétaire. – Je ne veux point qu'on me plaise, répondit le voyageur ; je veux qu'on m'instruise : commencez d'abord par me dire combien les hommes de votre globe ont de sens .
* La nécessité du raisonnement:
Le nain, qui jugeait quelquefois un peu trop vite, décida d'abord qu'il n'y avait personne sur la terre. Sa première raison était qu'il n'avait vu personne. Micromégas lui fit sentir poliment que c'était raisonner assez mal: «Car, disait-il, vous ne voyez pas avec vos petits yeux certaines étoiles de la cinquantième grandeur que j'aperçois très distinctement; concluez vous de là que ces étoiles n'existent pas ? * Mais, dit le nain, j'ai bien tâté. * Mais, répondit l'autre, vous avez mal senti. * Mais, dit le nain, ce globe-ci est si mal construit, cela est si irrégulier et d'une forme qui me paraît si ridicule ! tout semble être ici dans le chaos: voyez-vous ces petits ruisseaux dont aucun ne va de droit fil, ces étangs qui ne sont ni ronds, ni carrés, ni ovales, ni sous aucune forme régulière, tous ces petits grains pointus dont ce globe est hérissé, et qui m'ont écorché les pieds ? (Il voulait parler des montagnes.) Remarquez-vous encore la forme de tout le globe, comme il est plat aux pôles, comme il tourne autour du soleil d'une manière gauche, de façon que les climats des pôles sont nécessairement incultes ? En vérité, ce qui fait que je pense qu'il n'y a ici personne, c'est qu'il me paraît que des gens de bon sens ne voudraient pas y demeurer. * Eh bien, dit Micromégas, ce ne sont peut-être pas non plus des gens de bon sens qui l'habitent. Mais enfin il y a quelque apparence que ceci n'est pas fait pour rien. Tout vous paraît irrégulier ici, dites-vous, parce que tout est tiré au cordeau dans Saturne et dans Jupiter. Eh! c'est peut-être par cette raison-là même qu'il y a ici un peu de confusion. Ne vous ai-je pas dit que dans mes voyages j'avais toujours remarqué de la variété ?»
* La tolérance:
Quelque accoutumé qu'il fût à voir des choses nouvelles, il ne put d'abord, en voyant la petitesse du globe et de ses habitants, se défendre de ce sourire de supériorité qui échappe quelquefois aux plus sages. Car enfin Saturne n'est guère que neuf cents fois plus gros que la terre, et les citoyens de ce pays-là sont des nains qui n'ont que mille toises de haut ou environ. Il s'en moqua un peu d'abord avec ses gens, à peu près comme un musicien italien se met à rire de la musique de Lulli quand il vient en France. Mais comme le Sirien avait un bon esprit, il comprit bien vite qu'un être pensant peut fort bien n'être pas ridicule pour n'avoir que six mille pieds de haut.
* Le Déisme:
Mais il y a partout des gens de bon sens qui savent prendre leur parti et remercier l'auteur de la nature . Il a répandu sur cet univers une profusion de variétés avec une espèce d'uniformité admirable. Par exemple tous les êtres pensants sont différents, et tous se ressemblent au fond par le don de la pensée et des désirs. La matière est partout étendue ; mais elle a dans chaque globe des propriétés diverses. Combien comptez-vous de ces propriétés diverses dans votre matière ? – Si vous parlez de ces propriétés, dit le Saturnien, sans lesquelles nous croyons que ce globe ne pourrait subsister tel qu'il est, nous en comptons trois cents, comme l'étendue, l'impénétrabilité , la mobilité, la gravitation , la divisibilité, et le reste. – Apparemment, répliqua le voyageur, que ce petit nombre suffit aux vues que le Créateur avait sur votre petite habitation . J'admire en tout sa sagesse ; je vois partout des différences, mais aussi partout des proportions. Votre globe est petit, vos habitants le sont aussi; vous avez peu de sensations; votre matière a peu de propriétés ; tout cela est l'ouvrage de la Providence.
Et tout est lié!

Science + raisonnement = Connaissance;
Relativité + tolérance = Humanité;
Lutte contre l'anthropocentrisme + Déisme = Une spiritualité débarassée de ses superstitions: la Liberté.
Or, pour Voltaire et les lumières, Si l'on conjugue connaissance et humanité, alors l'on atteint l'épanouissement, individuel autant que collectif.
Par Rimmel, Lundi 28 Janvier 2008 à 19:33 GMT+2 dans M'Dame! S'il vous plaît! (article, RSS)




